
Lorsque ma confiance en moi est en chute libre...
Il y a des jours comme ça, où je me sens nul, pas à la hauteur de mes propres idées. L'envie de faire mille choses est là, mais une petite voix intérieure murmure : "Bah, bon, bof, je suis trop nul pour en faire quelque chose de bien." Et c'est ainsi que je ne fais rien, me retrouvant piégé dans une prophétie auto-réalisatrice. Ce sentiment d'incompétence, cette paralysie face à l'action, est un cercle vicieux. Mais comment s'en sortir ?
Quelles pensées pour se sortir de l'impasse ?
1. Le 1 vaut mieux que 0 : L'élégance de la petite action
Cette petite phrase, si simple en apparence, est un véritable mantra pour se remettre en mouvement. Mieux vaut faire un tout petit peu que rien du tout. Elle a le pouvoir de me permettre de me mettre en route, car je sais que même si je ne réalise pas le truc dingue que j'ai en tête, en faire déjà un peu sera toujours mieux que de ne rien faire. C'est une façon d'éviter d'auto-réaliser ma pensée négative : "Je suis trop nul donc je ne fais rien", qui peut rapidement se transformer en "Je ne fais rien donc je suis trop nul." En choisissant la petite action, j'évite ce cercle vicieux avec grâce et élégance.
2. "Est-ce que cette pensée me met en difficulté ?" : Le pouvoir de l'accueil
Lorsque je me dis que je suis nul, une question essentielle se pose : "Est-ce que cette pensée me sert à quelque chose ? Est-ce qu'elle me met en difficulté ?" Cette interrogation est d'une puissance incroyable car elle permet d'éviter les ruminations stériles. La réponse, "Oui, elle me met en difficulté", permet de prendre en compte la pensée sans pour autant l'écouter ou la laisser dicter mes actions.
Le Dr François Bourgognon propose une approche qui me plaît beaucoup, car notre cerveau n'aime pas l'inconfort. On nous répète à longueur de journée de sortir de notre zone de confort pour être heureux, mais si c'était si facile, ça se saurait. Reprenons : une pensée désagréable provoque un inconfort que l'on va naturellement essayer d'éviter. On se dit : "Je dois penser à autre chose", "Arrête de te sentir si nul", etc.
Le Dr Bourgognon nous invite à une expérience intéressante, l'exercice de l'ours blanc, qui consiste à ne pas penser à un ours blanc durant 5 minutes. C'est impossible. Quoi que vous fassiez, l'ours blanc réapparaîtra forcément à un coin de désert où votre pensée tentait de se réfugier. Appliqué à une pensée désagréable, cela signifie que plus je lutte, plus elle s'accroche. Je peux dépenser une énergie folle dans ce processus et faire du sur place. S'ajoute à cela le bonus gratuit de la rumination qui accompagne mes efforts : "Pourquoi suis-je si nul ?" Je vais rejouer les scènes et les dialogues de la journée, les retourner dans tous les sens pour trouver pourquoi je "merde" à chaque fois, comment j'aurais pu faire mieux. Comme cela ne suffit pas, je vais puiser dans le passé, et me rendre compte que c'est comme cela depuis tout petit ! Puis, stade ultime de la rumination, nocturne de préférence, je vais anticiper l'avenir et me jouer des scènes hypothétiques narrant mes échecs navrants, tout en cherchant des solutions à des problèmes qui n'existent pas pas encore... Ai-je bien dormi ? Merci, pas mal et vous ?

Avec la question posée précédemment, "Est-ce qu'elle me met en difficulté ?", j'accepte sa présence et réalise qu'elle ne me sert pas. Je lutte donc moins et je peux agir sans m'autodécourager. Lorsque l'émotion est désagréable, je l'accueille et accepte son existence. Au lieu de dépenser toute mon énergie à la refouler, puis pire, à la ruminer, j'utilise mon énergie dans ce qui compte vraiment pour moi.
C'est comme lorsqu'il pleut dehors : je ne vais pas faire comme s'il ne pleuvait pas. Je vais accepter cet inconfort et m'habiller en conséquence. Sortir en tentant d'éviter les gouttes avec une démarche particulière serait totalement inefficace et j'arriverais à destination épuisé. Accepter notre souffrance n'est pas baisser les bras, mais accueillir ce que la vie nous offre, et chercher une solution qui nous permette d'avancer, parfois de manière inattendue.
Ce type de doute et de mouvement intérieur fait partie de la manière dont j’aborde mes projets : quand une idée est juste mais difficile à montrer, c’est souvent là que le travail commence.
→ En savoir plus sur ma démarche
Le Dr Bourgognon a écrit un très bon livre à ce sujet, que je recommande chaudement.






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